Jean-Marc Pigeon / Coffrets reliquaires

Voir également : Jean-Marc Pigeon auteur

Comme tout étudiant en architecture, avant 1968, j’ai appris le dessin, ce matériau nécessaire à tout architecte pour s’exprimer avec une grande liberté. Ce furent des plâtres académiques à la construction qui doit être parfaite, les aplombs, les modelés, les ombres, du modèle vivant aussi. Comme beaucoup de mes camarades, j’ai taquiné l’aquarelle, ce médium qui ne permet pas l’erreur, nécessite d’aller à l’essentiel, à l’impression première.

Et puis le métier d’architecture m’a pris tout entier. De très modestes projets d’abord, puis des commandes publiques de plus en plus importantes, au milieu d’une grande équipe que, avec d’autres associés, nous avons créée. Un jour est venu où mon rôle était plus celui qui oriente l’étude sur tel ou tel chemin, que celui qui compose un projet jusque dans ses moindres détails.

J’ai alors senti la nécessité de faire œuvre dans un autre domaine, plus libre de créer hors de toute contrainte.

Jean Marc Pigeon

J’ai toujours aimé les mots, côtoyé très jeune l’œuvre de certains poètes. Et si « la grandeur indicible » chère à Le Corbusier, m’était familière à la rencontre de certaines œuvres architecturales rencontrées dès mon enfance, la poésie m’apportait aussi une émotion singulière.

Très proche de la nature et passant des vacances sur la cote atlantique, j’étais séduit par la richesse tant esthétique que poétique, portée par toutes fortunes de mer, bois flottés, filets, vieux bois de bateaux fortement colorés. C’est alors que j’ai commencé à réaliser de grands assemblages de bois de mer, cherchant une dynamique, des rythmes.

Mais les mots me manquaient…

Jean Marc Pigeon

Alors j’ai réalisé mes premiers coffrets il y a une vingtaine d’années, au nombre maintenant de plus de trois cents. Je dispose dans des contenants de taille divers (boite à compas, boite d’instruments scientifiques ou de musique) modeste écrins ou en bois noble, un assemblage fait de touts et de riens recueillis au gré de mes promenades, dans des décharges ou chez des récupérateurs, et d’un texte dont je suis l’auteur. Assemblages et textes cherchent à se répondre, à dialoguer. Les thèmes abordés sont très divers : l’océan, le rêve, la mémoire, la complexité des êtres, le mystère des choses, la nature.

La boîte close, textes, collages, objets, constituent un peu comme un reliquaire mêlant préciosité, secret, message, poésie. Accueillir le dérisoire, être attiré secrètement par l’inattendu, inventer des rapports au-delà de l’immédiat,
cristalliser la poésie du quotidien, enchanter la grisaille des jours à la périphérie du rêve. Voilà les clefs de mon travail.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

*Photos de Jean-christophe CAILLAUD

Site de Jean Marc Pigeon

6 e Foire internationale aux livres d’exception-Albi


Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s