Henri LARRIÈRE

Henri LarrièreNé le 1er juin 1935 à Erquy, Côtes d’Armor. Vit et travaille à Montlhéry, Essonne, à la Roche Jaune, Côtes d’Armor et à New York.

Henri Larrière est breton tout autant de nature que de constitution. C’est un homme qui procède autant de la terre que de la mer, c’est un homme du rivage : la terre compte tout autant que l’eau. Dans ses ponts de Brooklyn, on sentait très fortement le concept du passage. Du passage conçu moins comme une transition que plutôt comme un état, un état d’équilibre. Et il est vrai que Manhattan est riche en ponts de toutes sortes qui tracent comme une gigantesque toile d’araignée autour des grandes îles et des gratte-ciel.

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Henri Larrière s’est classé une fois pour toutes au coeur de ce tissu imaginaire et je me demande si le charpentier ne se serait pas transformé en lui en une sorte de tisserand ou plutôt de fabricant de métiers à tisser la distance toute relative entre le moi et le monde. Un monde qui serait celui de l’errance immobile, le sort de tous les gardiens du rivage. La notion de  » traversée  » est capitale dans une oeuvre qui entend se projeter sur un but, qui entend mener quelque part.

Les sculptures d’Henri Larrière prennent en compte l’entière géographie du lieu qu’elles évoquent. Sa seconde rencontre avec New York, Henri Larrière l’a opérée au niveau de Staten lsland : un endroit qu’il définit lui-même  » un peu plus campagnard que Manhattan ~ Et là, je pense que l’artiste a découvert de nouveaux rivages à la façon d’un éternel retour. Le va et vient implique une propension routinière, mais rien n’est jamais identique. De petites traversées en petites traversées, dans la plénitude du bois et l’acuité linéaire du métal, le sculpteur breton construit une oeuvre aux accents très personnels.

Ses pièces, exactement contrôlées, donnent l’impression d’une grande simplicité.

Voilà sans doute la marque du talent si la vie est une longue patience, l’art doit en épargner la sensation d’effort. Henri Larrière reproduit pour nous les étapes d’un cycle immémorial. Les épaves de bois flotté que la mer laisse sur la plage reprennent, sous sa main, la fraîcheur d’une vie nouvelle.

Henri Larrière

Et pourtant, c’est toujours par rapport au grand large que se situent les petites traversées terriennes. Il y a dans cette immense modestie artisanale le souffle fulgurant d’une tempête refoulée dans la substance même de la matière. Ce refoulement est un acte de foi et de culture, Il donne à l’oeuvre sa puissance, sa force morale et son mystère. On ne joue pas avec l’eau de la mer comme on joue avec le feu de la terre.

Il y a un moment où il faut savoir traiter avec le souffle de toutes les tempêtes et c’est alors qu’apparaît la forme belle puisqu’elle s’est faite juste dans la vérité du moment. Et cette vérité ne peut être que métaphorique elle devient alors belle comme l’amour que voue l’artiste aux images qui hantent sa tête et qui constituent le profil furtif de son propre rivage.

Pierre Restany, Paris, le 29 décembre 1988

Henri Larrière, Guillevic

Larrière fait vibrer l'espace. Avec lui l'espace est une sensibilité. Et cela avec des matériaux qui apparemment ne s'y prêtent pas. En somme il peint avec du fer et du bois. sa sculpture est un chant. Un chant qui ouvre. / Guillevic juillet 1982.

chroniques de l’encyclopédie audiovisuelle de l’Art Contemporain

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