Simon LECOQ

Simon 1 : Dans vos peintures les yeux semblent avoir une grande importance….

Simon 2 : Les yeux sont des trous sur l’intérieur, par lesquels ressort la peinture. Les yeux transpirent et les mains essayent de se contenir.

Simon 1 :Vos personnages souvent se protègent, s’entourent de leurs mains, quand ils en sont pourvus…

Simon 2 : C’est le lien avec eux-mêmes. La position du bras, la plasticité de la main finit l’enveloppe de la personne et le moule dans son sens. Le corps devient le prolongement de la tête.

Simon 1 : Qu’est-ce que c’est que cette enveloppe, serait-elle cette façade qu’on peut et qu’on doit souvent offrir aux gens, une boite sociale, une nécessité pour une sérialisation et une intégration sociale…

Simon 2 : si vous voulez. Le problème c’est que cette enveloppe suinte et laisse échapper un peu d’intériorité. Il y a de la ligne et du coulis. Il y a du plan en mouvement et de la masse entassée qui bout. De chaque portrait, quelque chose veut s’échapper, gicler.

Simon 1 : Vos peintures s’habitent soit de personnages recroquevillés, contorsionnés, soit de passants vides et actionnés. Il y a entre eux des rapports de force. Sur chacun, où ils se situent, des forces qui tendent, tirent, expirent, fondent, contractent ou relâchent.

C’est de la mosaïque

Les gens y’en a des peints.

Y’en a qui dégoulinent

de peinture par terre.

On sent sur le trottoir

le passage, le ramassis,

la pause d’attente, d’entassage.

Et puis il y a les passants qui passent

Et repassent…

Les gens c’est la ville qui les restitue aux yeux des autres.

Les gens ils deviennent des perspectives de carrés sur lignes de fuites…

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Dans ce monde il y a ceux qui tendent la main,

d’autres dans l’autre sens,

une population encastrée,

une forme agglutinée de ville dans la ville

où l’autre marche

Et les regards…

Des regards qui ne regardent rien,

du vide salutaire, un isolement sensitif,

des regards où on sent se reconstituer une histoire,

un bout de vie réservé…

Une vie qui semble intéresser les passants,

les hommes aux lourdes mallettes et grands manteaux,

un œil surveillant,

un regard pour juge…

C’est la seule partie de leur corps qui puisse exprimer une vérité,

avec conduite manuelle.

C’est un bout de monde par terre…

Des regards de fous,

de travaillés psychologiquement,

de psychologues travailleurs…

Des jouets sociaux, des recueillis asociaux,

composent l’espace et se complémentarisent, s’équilibrent dans une entité déséquilibrée…

Et au loin la ville qui enferme l’horizon, qui embarque les bibelots mobiles

et donne raison au bibelot asocial.

(Extrait de Cahier d’artiste  » direction générale « )

Il ouvre les yeux des passants ceux-ci s’endorment sur leurs propres vies, quand ils se replient. La ville ogresse s’ouvre et devient espace pictural, rythmes et couleurs, décor inhumain d’une tragi-comédie urbaine et sociale. …Ces êtres qui de sujets deviennent objets standardisés, bibelots placés malgré eux dans un triste décor, traité ainsi, deviennent hommes….de la peinture il fait un pamphlet social, mais il ne conteste pas, il constate. Non pas comme un objectif mécanique, mais simplement en posant un regard d’homme sur l’humanité grouillante et vacillante qui l’entoure…. /Eric Joly

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