Chroniques fugitives / F.Ehanno / extraits.

Chroniques fugitives / Fabrice Ehanno

Ça commence par un songe, des îles, une escale en avion
ce désir d’inconnu
entre jungle et lumière
anthracite et vermillon
une fuite éternelle, exotique, sur des cartes aléatoires …
et par-delà :
le rêve, l’improbable, un retour en avant sur l’échiquier
du possible
alors que tourne mon manège quotidien
il suffirait d’un accident, une correspondance
pour basculer dans la tourmente, le merveilleux péril
d’un aller sans retour

la porte claque sur un cocon de certitudes,
seul avec mon paquetage approximatif, nu, dépourvu
une dernière volte-face, un moment d’hésitation
avant de larguer le superflu
ma quiétude …

…et partir loin de cet éden mortifère
(Boudjdour, Sahara occidental)

l’homme est assis là
figé dans son envol
bercé par la mélopée envoûtante des correspondances
le cliquetis des porte-bagages
l’éblouissement continu des néons
longtemps après la fermeture des free-shops
l’extinction du tableau d’affichage

au seuil de l’improbable
il y a les découpes réfléchissantes d’une immensité
aveugle
(Aéroport de Malpensa, Milan)

le convoi chemine le long des cratères
dans la poussière et la glaise
seul souffle de vie
curieuse présence
Stop
place aux téléobjectifs
aux ombres nonchalantes
contemplatives
avant que le soleil ne décline
que le soleil ne décline
que le ciel ne se dégage
du cadre réel…
(Valle de la Luna, province de San Juan/Argentine)

Dans ce no man’s land approximatif, tu réinventes tes souvenirs amers, tu redessines la courbe du temps alors qu’émerge une pâle clarté, celle de l’aube, qui achève tes journées.

En équilibre sur un rail couvert de ronces, tu chemines à travers la ville…
cette voie de fortune, à l’écart des foules urbaines, calme ton humeur vagabonde
(J-68)

Tu suis les ombres végétales projetées sur le rail et observes de chaque côté la piste grillagée. Tu perds patience : c’est par où la sortie ?
(J-68)

Deux lueurs filent sur les axes transversaux, glissent d’un échangeur à l’autre, s’effacent à la naissance du petit jour, doublent et croisent d’autres personnages solitaires… la FM accompagne ces déplacements comme une sensation de déjà vécu. L’onde sonore… articule tes paysages
(J-57)

Seul

fuyant le cauchemar blême
loin d’une réalité ordinaire
de la foule, des sirènes, du chaos urbain
plein sud

l’homme au volant exulte
baisse sa vitre
balance un trousseau
son mobile, ses clefs, son passé…
(J-6)

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Une réponse à “Chroniques fugitives / F.Ehanno / extraits.

  1. monique cosentino

    solitude,un poete ou createur est toujours seul tres habite par mille choses et details que nul ne peut resentir et voir tu es de cela tres belle ecriture Fabrice il faut continuer
    tante MONIQUE bises

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