Albor

Augusto Besido Albor est né le 28 août 1948,à Manille.

 » L’Illumination à travers l’Art  » de Cid Reyes.

Augusto Albor est l’un de ces artistes qui se sont singularisés dans le milieu artistique philippin des années 70. Il a immédiatement retenu l’attention des critiques d’art et d’une poignée de collectionneurs éclairés. Le public a été frappé par le choix d’Albor de se détourner de la tradition figurative philippine caractérisée par un dessin très stylisé du sujet et une utilisation parfois abusive de la couleur. La détermination d’Albor a découvrir son propre langage visuel, en marge des préférences et des goûts nationaux, est d’autant plus surprenante que l’artiste excelle dans le figuratif. Poussé par le désir de communiquer des idées et des émotions dissociées de la réalité – voir l’invisible, dire l’indicible, il a dû traduire les instruments de son art – les matériaux à sa disposition – en une métaphore de l’esprit.

Alors que ce sont les sentiments essentiels derrière les découvertes crutiales des grands maîtres de l’abstraction, Kandinsky et Mondrian, cet artiste philippin a du découvrir son propre vocabulaire des formes dans le langage de l’abstraction. A travers cette quête, il est parvenu à une dimension encore plus saisissante – l’informité des formes et des couleurs non pas dérivées du spectre, mais des non-couleurs rendues visibles par l’alchimie de la nature.

Dans l’art d’Albor, l’espace dépasse la simple dimension de la toile pour embrasser l’espace vaste et infini où se complaisent l’esprit et l’âme. C’est un espace au delà des deux dimensions bien que le tableau est été construit comme un objet avec tout ce que cela implique en terme de travail et de savoir-faire. Avec assurance et courage, Albor a ouvert la voie de la quatrième dimension, non datée, mais intemporelle. Son art a la faculté d’évoquer l’infini, l’illusion de la galaxie et la grandeur de l’esprit.

Pendant plus d’une vingtaine d’années, Albor a été fidèle à la nature contemplative de la peinture, à son pouvoir évocateur du mystère et de la complexité du réel. Ce qui explique qu’il ait été attiré par les quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu. Même lorsqu’il s’est perdu dans les formes, l’artiste a structuré son espace avec des éléments géométriques : le carré, le cercle, le triangle et le rectangle. Albor a utilisé le pouvoir symbolique de ces formes élémentaires, absolues, réductrices.

Les oeuvres récentes d’Albor explorent un nouveau format – des stries régulières juxtaposées. Ces lignes ne sont toutefois pas dessinées, elles sont plutôt tracées par un bambou enduit de pigment. La répétition incessante de lignes horizontales devient hypnotique lorsque l’oeil glisse de ligne en ligne à intervalle régulier. Ces stries émergent de l’épaisseur d’un nuage noir, d’une brume grise, d’un fin brouillard projetant des ombres lorsque la lumière les éclaire, similaires aux dessins répétitifs qui stimulent et intensifient l’esprit contemplatif du tantrisme. Les tableaux d’Albor émettent des vibrations qui, en silence et à travers le temps, nourrissent l’esprit et vident la pensée, précondition nécessaire à l’illumination.

Cid Reyes.

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Une réponse à “Albor

  1. Merci pour cet excellent article que j’ai lu avec beacoup d’interet…
    je vous mets dans mes favoris donc a tres bientot.
    Cordialement
    Gilles

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