Martin Melkonian

Conversations au bord du vide

54 pages – 15 euros / EAN 9 782912 824691

Deux interlocuteurs. Le second donne des coups de sonde dans l’expérience d’un « disparu de la langue ». Le vide entoure l’un, attire l’autre.

Il y a de la place au bord du vide.

Auteur d’une quinzaine d’ouvrages très connus, Martin Melkonian aborde ici une forme qui déconcerte l’essence même de son écriture.

Exemplaires disponibles prix réduit / Librairie paragraphes

Edward Hopper luttant contre la cécité

48 pages – 15 euros / EAN 9 782912 824721

– Seule la pureté commande à l’approche picturale d’un maître.

– Il n’y a pas de doute là-dessus. Nus devant ses tableaux, appréhendant chaque fois l’ensemble et les détails, le recherchant, lui, dans l’ombre découpée d’un personnage ou près d’une tache de lune. Le recherchant, l’inconnu qui s’avance vers nous, tout à son étonnement de nous donner une image incandescente.

– Un permis de voir ?…

– Oui. Car jusqu’alors nous demeurions à l’intérieur de la caverne américaine.

– Et maintenant ?

– Maintenant, nous marchons sur les ombres découpées du texte.

à propos d’Edward Hopper luttant contre la cécité…

Les corps introuvables

124 pages – 20 euros/EAN 9 782912 824806

L’effarement, l’égarement et l’éclipse de l’énergie vitale au seuil d’un abîme désiré plus que tout constituent la trame des Corps introuvables.

Plusieurs décors coulissent au fond d’une scène imaginaire pour donner à voir ce que précisément le regard ne souhaite pas voir : des esprits qui n’ont pas assez d’âme pour devenir des esprits, des corps qui n’ont pas assez d’incarnation pour devenir des corps. Il en résulte des personnages électrisés, lucides, disjoints. Les mots suivants sont tatoués sur la peau de l’un d’eux : « il va à l’homme comme à l’échafaud. »

Dans ce récit halluciné et dérangeant, l’acuité du regard s’oppose à la perte, à l’oubli, à l’aveuglement par degrés ; elle soutient une lutte farouche contre l’expérience de la défiguration infligée par l’histoire.

Nic saisit la cassette, alors que dehors, après une brusque chute d’intensité lumineuse, la pluie tambourine aux carreaux. Quelque chose de doux, de feutré et de faussement cinématographique se prépare ; quelque chose en tapinois, qu’assaisonnent un carré d’espace et un morceau de temps, les excluant par le fait du bloc central, tectonique, les distinguant, bâtissant une unité insécable qu’il aurait été présomptueux de vouloir recomposer.

Il s’agit d’une chose, oui.

Nic tourne le bouton du magnétophone. Imperceptible déclic. Un petit point rougeoie. Il appuie énergiquement sur la touche ON.

« … loppe, densifiait l’image intérieure, assurait la place de l’ombre : l’amour, jamais léger, d’un qui déjà cherche une madame Eléphant. »

Après une très courte pause due à l’arrêt, puis à la reprise immédiate de la bande (Nic perçoit le claquement à bas bruit d’une touche qu’on écrase s&ans ménagement), la voix étranglée de Diego récite, avant de laisser courir la ruban, les mots qui suivent :

 » Bientôt, tu auras fait le tour de moi : je n’aurai apparemment plus de mystère. Je perdrai le nimbe. Tu croiras avoir vaincu ta peur. Quelqu’un d’autre te surprendra… »

Un quart d’heure plus tard, la bande, au bout de sa course, déclenche le système d’arrêt automatique. Mais il faut se lever et procéder à une manoeuvre afin que disparaisse, sur le tableau de commande, l’oeilleton rouge.

Nic n’en a pas le courage.

Ainsi irrigué, l’instant continue de vivre. Plutôt rayonne d’une exultation ténue que garantit la technique.

p.60/61

Exemplaires disponibles prix réduit / Librairie Paragraphes

Martin Melkonian, par Nelly Carnet.


Un cahier pour se perdre

52 p-10 euros/ISBN 978-2-912824-89-3

 » Ici personne ne meurt « , lisons-nous dans ce cahier. C’est bien avec une rare ingénuité que Martin Melkonian en appelle à l’inscription calligraphique puis typographique : à une vérité de l’être mis en pages. Cette vérité ouvre un espace ou plutôt s’ouvre à l’espace du livre. Grâce à sa présence architecturale, sa respiration spécifique, le blanc des pages y est sa demeure. La perte annoncée dès l’ouverture (le titre) réside dans le « lâcher » de l’inscription ; le gain, dans le cahier fait livre. Et puisque, répétons-le  » ici personne ne meurt « Un cahier pour se perdre invite à l’exploration de très anciennes traces mémorielles. Le lecteur dont le geste originel est de se pencher, éprouvera à coup sûr le vertige. Le vertige en poésie.

La lutte discrète mais vertigineuse entre les caractères typographiques et le blanc des pages ; entre les traces et la mise en scène de l’oubli. MM.

L’exil a corrompu ma mémoire. Plus de lignes sur mes mains.

Le jardin où nul n’intervient.

Ici personne ne meurt.

Veines d’encre, veines de lumière : radioscopiques.

Souvenir de la prière.

La tasse blanche où le thé s’éclaircit

(p. 13)

Moins de mots encore.

Tu commandes sur la table en cette posture économe.

Tu appauvris les débats.

Une blessure sur la langue, presque rien.

Guerrier intempestif de l’amour mû

par un instinct de protection qui exige la lutte sourde;

intempestif mais s’amuïssant.

(p. 41)


L’enfance du regard

30 p-10 euros/ISBN 978-2-912824-95-8

La rencontre du regard et du désir alors que le désir s’inquiète de sa disparition prochaine.

Une conférence. Mais c’est celle d’un inexpert  d’un  » maître provisoire « , comme le souligne l’auteur. Le sujet en est le désir. Mais pas le désir abstrait, de n’importe qui, à n’importe quel endroit, à n’importe quel moment.

Il se trouve en outre, que ce désir circonstanciel est photographié ; que la photographie, sans être montrée, invite à une fiévreuse description. Si l’image soustraite provoque ainsi l’imaginaire de l’auditeur ou du lecteur, c’est que le désir d’une personne pour une autre s’augmente avantageusement du désir du tiers conférencier qui a photographié, qui a décrit et qui maintenant nous parle.


Martin MELKONIAN

est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Melkonian

http://museum.cg05.fr/html/02ptmarmel.htm

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