François Leperlier

Rêve manifeste.

Poésie, récit – 141 pages – 20 euros/2004/ 

EAN 9 782912 824615

Essayiste, poète, philosophe, François Leperlier a fait de la poétique de l’imaginaire le  » Centre de gravité  » de sa démarche. L’expérience onirique est le laboratoire privilégié de cette conversion du réel où se reconstitue le processus même de toute création.

De contre-Temps, essai autobiographique et polémique, à la monographie sur Claude Cahun, l’Écart et la métamorphose, il s’est attaché à faire valoir la puissance de l’image dans l’invention réciproque de l’oeuvre et de la vie.

Ce volume rassemble les récits, les poèmes en prose des deux rives, et rend sensible l’étroite réversibilité entre l’activité productive du rêve nocturne et ses équivalents diurnes. Il vise à réévaluer le sens d’une pratique directe de l’imaginaire, qui brise avec les logiques nihilistes, médiatiques et fictionnelles; il entend promouvoir à nouveau cette « volonté de rêver » qui, de la nuit des temps jusqu’au présent quotidien, s’efforce d’apporter à l’expérience immédiate une solution poétique d’une liberté insolite.

Je souligne la distinction du « connaître » et du « comprendre » quitte à la ressaisir où la phénoménologie l’a laissée pour l’affecter au profit de l’imaginaire. Comprendre (prendre avec soi) c’est d’abord imaginer : » transformation de soi-même en la chose et transformation de la chose en soi-même », disait Giordano Bruno. Deviens ce que tu comprends.

p.12

Charon.

Pantalon anthracite, veste grisâtre, cheveu de jais en mèches tombantes sur des yeux rougis, le mini-barman pousse inexorablement son chariot grinçant comme une grande crécelle et bruissant des vapeurs de la machine à café parmi les voyageurs exténués auxquels il rappelle d’une voix de ténèbres : « dernier passage, dernier passage ».

p. 105

Au soleil du plafond

La seconde fois le bras se paralyse, la rampe se tord et c’est un fameux court-circuit, la main colle au bois, les marches ondulent, glissent comme un château de cartes, la concierge ne salue plus et passe à travers le grand hall suivie de la serpillière, du seau, de la mousse et du trousseau de clefs, la porte de l’appartement bat dans le vide, les voisins ont le dos au mur, ils n’ont rien trouvé dans l’escalier, c’est une simple erreur ou peut-être un drame de la vieillesse, on en parlera dans les journeaux, « petit, cheveux bruns, pas bavard », qui vous a dit que Pierre Reverdy avait vécu ici ?

p. 97

Histoire vraie

Arras. Au coin d’une façade grisâtre, une plaque :  » Rue Maximilien Robespierre, ancienne Rue aux Rats-Porteurs ». Je ne l’ai pas rêvé. La rue est étroite, bifurque brutalement et prend la tangente. Le joueur de flûte s’est défilé devant les jeux de mots.

p. 74

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