Claire Larrière

Terre,terre….et le reste

Claire Larrière tire de l’interaction du réel et de l’imaginaire la substance même de ses personnages. Complice fraternelle, elle nous plonge dans la douleur et la dérision de la douleur d’être un homme.Sa noblesse est toute de pudeur et de tendresse. MBH.

Terre en vue ! signale la vigie du haut du bateau. Et comme les marins qui ont jeté l’ancre, les personnages des nouvelles de Claire Larrière sont surpris de sentir soudain le sol sous leurs pieds ; ils ne croyaient pourtant pas s’être embarqués pour un voyage au long cours car l’espace de leur périple est le cadre de leur gamberge : une cage d’ascenseur, un train de banlieue, une fabrique de sous-vêtements féminins, des quartiers de ville ou des coins de campagne. Mais cet espace limité, même s’il est parfois un complice inconscient, compte moins que le reste, c’est-à-dire les incursions incessantes des personnages dans l’imaginaire. C’est en plongeant, en rêve ou tout éveillés dans leur propre passé ou dans la vie des autres qu’ils s’égarent dans des territoires inconnus et leurs errances s’avèrent comiques ou pathétiques.A travers ces récits on retrouve une vieille dame dont l’imagination fertile n’efface pas le sens des réalités. Elle, dont le nom évoque la Terre dans ce qu’elle a d’éternel, représente les aspects divers des êtres humains et la fraternité qui doit les unir. Dans ces nouvelles, qu’elles soient humoristiques ou dramatiques, l’interaction du réel et de l’imaginaire, de l’explicite et du suggéré, fait naître une intensité qui est inhérente à ce genre littéraire.

Nouvelles – 257 pages – 25 euros /EAN 9 782912 824349

Les crémières

Le personnage principal de ce roman est une barre de banlieue, dépositaire des heurs et malheurs de ceux qui y ont vécu. Violence et mémoire cohabitent ; c’est ainsi que Nadia est confrontée à son adolescence tragique.Les souvenirs de cette période de sa vie émergent au fur et à mesure de ses enquêtes et de ses rencontres, souvent teintées d’hostilité, voire de brutalité à son égard.
Une voisine aux doigts de fée initie la jeune femme à la broderie – toile de fond multicolore sur laquelle se déroule le récit. Cette femme l’aide à retrouver fantaisie et joie de vivre.Rencontres inattendues, coïncidences, moments d’émotion intense vont se succéder dans cette barre, semblable à celles que nous voyons encore se dresser à la lisière de nos villes avant que leur destin éphémère ne les plonge définitivement dans l’oubli.

Roman – 149 pages – 20 euros /ISBN 978-2-912824-92-3

Claire Larrière est spécialisée dans la littérature anglaise, et s’intéresse en particulier aux récits écrits sous forme de nouvelles. Elle a édité « Paris transcontinental », une revue de nouvelles contemporaines anglo-saxonnes. Elle a été co-fondatrice, au sein de l’université Paris III, du groupe de recherches sur la Nouvelle de langue anglaise.

Entrevue sur le site « Le choix des bibliothécaires »

http://psn.univ-paris3.fr/Monde_anglophone/Revues/Visions_critiques/index1.htm

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