Nicole Barré

Séparations.

Recueil de courtes nouvelles qui témoignent, dans un style sobre et la présence de chutes efficaces, du pessimisme délicat de l’auteur.
132 pages – 19 euros /EAN 9 782912 824196


Sans histoire.

Ce serait peut-être un poème, peut-être juste des mots à la recherche d’une histoire, de l’histoire à venir.

71 pages – 17 euros /2001/ EAN 9 782912 824332

p. 55

Il y a eu ce soir. Avant mon départ. Et depuis je ne sais plus très bien. Il y a si longtemps que tu ne m’as écoutée, si longtemps que tu ne m’as regardée – vraiment – et non pas sans me voir. Parfois tout m’apparaît encore possible. Là-bas près de la mer et du soleil, écartelée dans la lumière, très loin là-bas où je suis partie, je regarde mes blessures grandir au soleil, près du désespoir. Pourtant cette route parcourue, si violemment désirée.

Réduite aux mots écrits, martelés sur le blanc du papier, jetés au vent, la main tendue vers toi, vêtue de phrases que…

mon corps est sable. Je ne suis plus rien, qu’une chose assaillie de couleurs fulgurantes, puis je deviens le bleu, le rouge…

p. 58

La pire haine est celle enfouie sous les années, enfermée en douce dans des édredons d’amour, rimant avec les plus jamais et les toujours, tapie, cachée comme un virus ensommeillé. Amour, haine, respiration s’en vont et s’en viennent gentiment sauvagement.

Au rythme de mon coeur qui mélange tout allègrement sans peine ni peur, aveugle à tout ce qui se trame et qui l’aliène. De la souffrance, de la joie, patchwork bariolé nourrissant les jours désespoir et bonheur devenant des années passées au fil des heures dont ne restent à la fin que des couleurs fanées. Quelquefois des bulles de haine viennent exploser bouleversant les ronrons et les relations lisses bien installées jusqu’à l’indigestion laissant la maison et le regard ravagés.

La pire haine est celle enfouie sous les années, enfermées en douce dans des édredons d’amour, dévastant tout sans rime ni raison un jour où le désespoir et les larmes m’ont aveuglée.

p. 66

Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de te voir. Je peux t’écrire sur toutes mes pages blanches qui n’attendent que ça depuis des mois que je les ai abandonnées, bien rangées dans leur cahier. Si pâles. Espérant la noirceur de mon stylo pour revoir le jour. Aujourd’hui je peux t’aimer sans toi.

Aujourd’hui …

Ne restera que ce qui relie.

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