Meïr Cohen

Une histoire d’Alix

Roman./1999 /107 pages – 14 euros/EAN 9 782912 824257

Exemplaires disponibles prix réduit / Librairie Paragraphes

Pourquoi taxe-t-on les lucides, qui déplorent les aberrations du monde et plus précisément la malheureuse société française, de naïfs et d’idéalistes ? cette absence de droit à la bonne colère est-il supportable pour toute une génération sacrifiée, mal aimée et incomprise, oubliée sans doute…

Les mots de Meïr pénètrent le mariage d’Alix. Une petite colère arrive. Oh, elle a l’air de rien mais elle nous libère et nous décrasse en profondeur. C’est bon parce que ne s’expose pas sans honnêteté, la vraie, la sienne, sans un immense amour, sans le bonheur plein d’être vivant. Meïr ne se raconte pas, ne se transcrit pas, ne se copie pas, il nous plonge dans ce mariage qui ne raconte pas un  » mariage  »

Le bâtiment entier s’éteint. Plus personne aux lumières les manettes, le temps du battement des grosses-caisses contre le mur, tout résorbé, un silence, tout du velours maintenant. Après le grand bruit on parle bas on interroge, parfois on s’inquiète, deux ou trois secondes un mariage comme celui-ci, le mariage d’Alix, repose sur un fusible tout en équilibre, le poids d’une salle des fêtes sur sa minuscule rondeur, le fusible parfois il craque, il est mort le fusible.Arrêt brusque d’activités humaines, les humains sont contents tant qu’on aperçoit de la lumière au plafond et dans le couloir, sinon on s’inquiète, si la lumière électrique s’interrompt l’appréhension surgit parmi le groupe humain, on s’inquiète, une lumière éteinte au beau milieu du bal éveille des effluves de mort, nous piochons chacun pour soi dans le stock d’imaginaire catastrophique, lumière éteinte nous voici partis, l’Aventure du Poséidon, la salle des machines la pression, les hublots.

– p. 87 –

Chez Yvette un opera

1997 / 90  pages – 14 euros/EAN 9 782912 824103

Exemplaires disponibles prix réduit /Librairie Paragraphes

Les bulles songeuses éclatent dans le lit des yeux des hommes quand ils reviennent à nous les gens partis, ils regardent loin derrière l’horizon du globe, plantent leur être sur le coté du passage de l’entrée Chez Yvette puis se retirent a l’intérieur d’eux, le chemin intérieur, chemin de soi solitaire, ils accrochent leur regard au bout du monde là derrière les parois vitrées du café Chez Yvette ou nous aimons nous retrouver et consommer qui un café une bière blanche ou un soda, ils parlent leur être dans le terreau des après-midi en creux sur le coté du paysage puis partent songer en eux les hommes, ils nous quittent mais alors à pas lents à peine entend-on les brindilles, je ne sais pas si tous les hommes partent dans un décollement de cil, peut être certains n’ont pas la force de porter si loin leur regard à l’horizon du monde et leur intérieur solitaire, sur le coté du passage peut être faut-il une volonté en plus des efforts ajoutés je ne sais pas peut être certains hommes ignorent-ils leur à quoi tu penses ? à quoi tu penses- p71

Un moi d’août

1997 / 78 pages – 14 euros/EAN 9 782912 824011


Hier soir Gungos a reçu une pluie de météorites, on a de ces volontés d’enfant lorsqu’on est adulte ingouvernable. P37.

J’ai vu bâtir une interdiction. Jour après jour la modification dun état progressant vers l’épure,du pâté à la ligne. La première fois avec Rossi et Adrien me demandant qu’est ce que c’était, des plaques longues de bois disposées comme un cercueil pour chat devant la mer,un format réduit appuyé sur les rochers a laide dun dispositif en métal assez grossier, alors que nous allions port et ballade. Je ne savais pas évidemment, je subodorais un principe de protection de ce qui se trouvait encaissé. Le lendemain deux employés communaux procèdent au démoulage : un lingot gris dégagé de sa cosse, l’ancien explique,pour poser dessus des panneaux, en ciment parce qu’en hiver la mer tape fort on verra bien, il est vissé dans la roche, un panneau d’interdiction pour éviter que les gens qui se blessent ne se retournent contre la ville, maintenant on met les panneaux il manque l’enduit encore. Le jour d’après, le blanc est neuf avec une interdiction rouge, enjôleuse, un jouet frais : Accès interdit sur les enrochements.p44

Meïr Cohen, d’une insondable actualité…

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s