Denitza Bantcheva

Les Brefs mémoires de Léonore Sy.

La narratrice, peintre célèbre, raconte sa vie à l’un de ses mécènes, nous faisant découvrir une galerie d’artistes ( peintres, cinéastes, musiciens…) et leurs tentatives de sortir des limites existentielles. Le style baroque, les anachronismes et le ton souvent ironique du récit contribuent à créer un univers où les instants vécus se confondent avec les mythes.

160pages – 19 euros/EAN 9 782912 824240

L’Amatrice d’effigies.

Dans un style baroque, les voix de plusieurs narratrices se mêlent pour construire l’image mythique de Daliés,  un homme célèbre et fascinant. L’action se déroule dans le monde des arts et du spectacle, et la thématique amoureuse se double d’une quête du sublime qui parvient à triompher du pouvoir destructeur du temps.

Un roman ambitieux qui allie la beauté formelle et la complexité métaphysique.

289pages – 23 euros /1999 /EAN 9 782912 824141
Exemplaires prix réduit disponibles Librairie Paragraphes

A propos de Denitza Bantcheva

Plumes amies/ Denitza bantcheva

p.107

… lorsque vous serez le contenu de votre imagination plutôt que son contenant, le rêve sorti de vous pour devenir une réalité ne se distinguera plus de l’ordre des choses. Vous devrez l’affronter d’une manière plus difficile. N’ayez pas peur ; si vous hésitez, vous êtes sûr de vous tromper : il n’y a plus de retour en arrière possible – car, ici, maintenant, nous sommes au passé.

p. 130

Les proches des gens célèbres et ceux qui ne les ont jamais rencontrés se trouvent égaux devant une nouvelle qui leur parvient indirectement : Béatrice apprit le mariage de Daliés en allumant la radio, Léonore en lisant le presse, comme tant d’autres. Sandra réalisa qu’elle passait pour l’un de ses grands amours lorsqu’elle lut cette formule noir sur blanc dans une biographie, et par la suite, elle ne parla plus jamais de lui de la même manière. Moi, j’ai vu le journal sur un présentoir de kiosque, non loin de la poste, juste quand je pressais le pas pour arriver avant la levée du courrier. Je lus distraitement le titre, puis je le fixai, ayant du mal à comprendre le sens de ce que je voyais. La photo était ancienne, je la connaissais. Il avait eu un accident ; elle persistait à en offrir une image immuable, exempte de douleur. Je dépassai le kiosque, continuant à marcher au même rythme, ce qui m’étonnait vaguement. Je ne me souvenais plus exactement de ce que j’allais faire mais, retrouvant l’idée rassurante que j’étais pressée, je pensai que je n’allais acheter le journal qu’en rentrant, décision dont l’invraisemblance me frappa. L’homme que vous aimez a été pris dans quelques tonnes de métal écrasé. Vous remettez à tout à l’heure la lecture des détails de l’événement. Vous n’avez mal nulle part, vous souffrez uniquement de l’étourdissement de certains réveils.

p. 150

… ma propre voix me parvient sur les ondes. Je suis entrain de réciter un de mes derniers poèmes. C’est agréable de s’entendre à plusieurs jours et centaines de kilomètres de distance. Je parle de la lumière qui tremble et des gouffres qui vous engloutissent sans s’en rendre compte, en ouvrant la bouche pour bâiller.

 » Question : Qu’est-ce que l’art pour toi ? – Réponse : Mon seul moyen de survivre, à peine moins naturel que la respiration mais plus malin : ça vous réconcilie avec l’existence avant même que vous vous en aperceviez… »

Les journalistes ont tendance à me tutoyer, ce que je déteste. Je me venge comme je peux.

p. 174/175

Cet hiver-là, je connus le sens du mot « inconsolable » – ou bien le reconnus-je, l’ayant autrefois égaré puis oublié ?

En rentrant, je m’écroulais immédiatement sur le lit pour y pleurer avec force gémissements, comme si mon chez-moi était exclusivement réservé à cet usage : la souffrance y semblait invitée et m’occupait entièrement, sans laisser de place pour quelque consolation que ce soit. Il me semblait avoir toujours été un lieu vacant où la douleur immémoriale pouvait élire domicile pour envahir ensuite tout l’espace revenant au même.

p. 193

Alors, ce n’était pas en vain, tout ce temps à m’épuiser en combats et en attentes, toutes ces années où j’ai pris le parti du rêve au lieu de vivre dans l’accessible alentour ? C’est maintenant seulement, maintenant qu’il s’est accompli, que je conçois un doute : Ville, est-ce possible que tu existes et que je sois en toi ? Toi qui n’étais qu’une image intérieure jusqu’à ce matin ?

Comment peut-on se trouver sur un pont de carte postale qu’on n’a jamais reçue, et regarder les flots en bas dépasser votre

imagination ?

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